Allô Docteur Bobo...

09 janvier 2015

Préambules de consultation

Le "Classique" (mais ô combien agaçant) :

- Qu'est-ce qui vous arrive?

- Ben je ne sais pas Docteur, c'est à vous de me le dire!

 

 

Le "DocDrive" :

- Que peut-on faire pour vous?

- Eh bien, c'est pour me renouveler les médicaments. Je vous ai apporté l'ordonnance, tenez.

- Très bien... Alors, commençons par l'amlodipine, vous en prenez toujours un par jour? Et le Doliprane, il vous en reste à la maison ou je vous en remets un peu?

- Ah non mais Docteur, pas la peine de discuter tous les médicaments un par un, vous me remettez tout pareil, et comme ça moi ensuite, je prends ce que je veux.

 

 

Le "petit rigolo" :

- Alors, pourquoi venez-vous nous voir?

- Ben vous savez Docteur, je ne suis pas venu faire un tennis!

 

 

Le "mouillé-salé" :

- Qu'est-ce qui se passe?

- ...........    (<= Patiente qui se met à pleurer)

- Vous avez des mouchoirs, juste là, tenez...

 

 

Le "J'aurais du poser ma question autrement" :

- Alors princesse, qu'est-ce qui t'amène?

- C'est mon Papaaaa!

 

 

Le "Aloïs me guette" :

- Qu'est-ce qui vous arrive?

- Euh... Attendez Docteur, je vais vous dire ça.  (<= Sort un post-it avec 3 ou 4 mots-clés griffonnés, et le pose sur le bureau)

 

 

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Pas de deux

Chez le généraliste chez qui je suis en stage en ce moment, il y a quatre sièges autour du bureau. Deux d'un côté, deux de l'autre.

De notre côté : un grand fauteuil en cuir, avec des accoudoirs et des roulettes, pour mon praticien. Une chaise à roulettes plus discrète, pour moi. 

En face : deux chaises en métal, toutes simples, identiques. 

J'aime bien quand les sièges en face de nous sont pris tous les deux.

C'est l'occasion d'observer un authentique pas de deux, toujours nouveau, souvent passionnant.

 

 

 

Il y a des duos qui s'affrontent.

Nisrine, une ado de 14 ans, maussade et provocante. Sa maman, une jolie quarantenaire, semble un peu dépassée par les événements. Elle nous l'amène pour des malaises répétés au collège. Malaises que minimise Nisrine dès que sa mère les décrit, émettant un gros "Pffff..." et levant les yeux au ciel. "Mais non, Maman, n'importe quoi....".

Après réalisation d'une batterie d'examens et de consultations, le diagnostic du neurologue sera clair : crises d'épilepsie. Depuis, Nisrine est toujours maussade, mais lève moins les yeux au ciel quand sa maman nous parle.

 

 

Des duos qui s'épaulent.

Jean-Jacques, 83 ans, veuf depuis peu, très doucement frontal, pas encore dément. Il a toujours un petit sourire doux lorsqu'on parle devant lui, et il ne nous entend plus très bien.

Sa fille de 50 ans a pris son père chez elle, prend sa santé en main, s'inquiète pour lui. C'est elle qui prend rendez-vous pour lui, et elle s'asseoit à ses côtés en face de nous. Et lorsque Jean-Jacques nous réclame encore des Stilnox pour dormir, elle nous chuchote très vite en apparté "Hum... ou alors on lui donne un peu de sucre, hein Docteur?", avec un gros clin d'oeil appuyé.

 

 

 

Des duos inespérés.

Sabine, 30 ans, enceinte de son premier enfant. Son futur bébé, au creux d'elle, est le fruit d'une troisième tentative de FIV. Juste avant qu'elle n'apprenne qu'elle était enfin tombée enceinte, le papa est reparti. Sabine s'est retrouvée seule. Le bébé grandit maintenant en son sein depuis six mois.

Seule, puis à deux, puis seule, puis à nouveau à deux, peut-être un jour à trois, Sabine avance.

 

 

 

Des duos qui ne sont plus.

Nicole, 79 ans, veuve, vit seule chez elle, fait ses courses seule, gère seule ses médicaments, et vient seule en consultation.

Mais lorsqu'au moment de régler, elle ouvre son portefeuille, derrière la petite fenêtre plastifiée, il est là. Sur un rectangle de papier jauni par le temps, Robert, en uniforme, droit et fier dans ses bottes face à l'objectif, sourit en noir et blanc. Il ne quitte plus Nicole depuis son départ, il y a trente-deux ans. 

Il l'accompagne.

 

 

 

Des duos qui s'accrochent.

Jacqueline, 89 ans, vient avec Pierre, 71 ans. Ce n'est pas son mari, ni son fils, ni même un neveu. C'est lui qui prend rendez-vous pour elle, afin que l'on fasse le point sur ses troubles mnésiques et les séances de stimulation cognitive à l'hôpital de jour. Il la regarde avec une tendresse incroyable, même quand elle le dispute parce qu'il veut l'aider à renfiler son gilet, ou à détacher le chèque. "Laisse-moi faire, je ne suis pas si gâteuse!"

Mais au moment d'écrire "vingt-trois euros et zéro centime", elle lui tend le stylo. "Vas-y, puisque tu tiens tant à m'aider".

 

 

 

Des duos qui font trio.

Fabien, 42 ans. Il vient "en urgence", accepté entre deux consultations, pour renouveler son traitement anti-diabétique. Il n'a plus rien, il a besoin d'insuline, il repart en voyage demain. Sa dernière prise de sang est mauvaise, sa tension aussi, et son poids n'a toujours pas changé. On en discute longtemps, presque un quart d'heure.

Au moment de lui demander sa carte vitale, Christelle, 43 ans, assise à ses côtés, prend la parole à son tour "Et pour moi Docteur, mettez-moi la crème de corticoïdes aussi, les plaques rouges sont revenues." On lui demande d'enlever son pull, on regarde, on lui explique, on prescrit le traitement adapté.

Au moment de lui donner son ordonnance, c'est Fabien qui intervient à nouveau : "Et Docteur, tant qu'on y est, on est venu avec le Papi aussi, vous avez bien deux minutes pour le voir? Il est resté dehors, mais il est juste là, derrière la porte, il a un problème aussi, il peut rentrer? Jamais deux sans trois hein, Docteur?"

 

 

 

 

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08 juillet 2014

Vite!

7h. Le réveil sonne. Je me lève. Vite, avant de risquer de me rendormir.

7h30. J'avale une tartine de brioche en deux bouchées, debout dans la cuisine, fixant la pendule. Vite, je dois partir avant d'être au maximum des bouchons.

8h15. Je suis coincée dans les bouchons. Vite, allez là, on avance, je ne peux pas être en retard.

8h46. Je trouve enfin une place, je me gare. Vite, courir sur le trottoir vers l'hôpital, le staff est dans 10 minutes.

8h54. C'est bon, je suis entrée dans les urgences, ai gagné le vestaire, me suis changée, ai enfilé ma blouse. Vite, je referme le casier, le staff va commencer.

8h58. Je suis seule dans la salle de staff, première arrivée finalement. Vite, doivent se dire les autres, que j'entends parler au loin dans le couloir.

9h03. Tout le monde est arrivé? Vite, on commence. "Alors, pour le premier patient..."

9h21. Le staff est fini, tous les patients restés hospitalisés cette nuit ont été résumés en quelques mots. Vite, on se disperse, chacun file à son poste pour la journée. Mon chef va se chercher un café.

9h38. La journée commence tranquillement. 2 patients inscrits pour l'instant. Mon chef est encore à la cafétéria. Vite, dès qu'il revient, je lui parle du patient que je viens de voir, et j'aurai peut-être le temps d'aller moi aussi prendre un café pour finir de me réveiller.

11h07. Pas eu le temps d'aller prendre ce café, les patients sont certes arrivés au compte-goutte, mais s'enchaînent. Vite, les voir tous rapidement les uns après les autres, il ne faut pas que ça s'accumule, la journée doit rester calme.

12h15. Les infirmiers s'organisent pour aller prendre leur pause déjeuner en se relayant. Je les envie. À tous les coups, nous, on ira encore manger à 15h... Vite, conclure ce dossier, mon patient attend ses ordonnances de sortie.

12h50. Finalement cette journée n'est pas calme du tout. L'infirmière d'accueil inscrit à tour de bras, ça ne s'arrête plus. J'ai faim. Vite, ne pas perdre le rythme, on ira manger quand ça ce sera un peu calmé.

13h45. Mon ventre gargouille. Je continue à voir les nouveaux inscrits. L'infirmière d'accueil trie les patients par gravité : Vignettes vertes, oranges, rouges... Vite, trouver sur l'écran l'étiquette la plus urgente, localiser dans quel box le patient est installé, et filer le voir. 

14h05. Je croise mon chef en train d'engloutir un petit pain de l'hôpital, une radio à la main. Ça me rappelle que j'ai faim, j'avais presque oublié. Vite, faire mes prescriptions, l'infirmière attend, son matériel de perfusion est déjà prêt. 

15h. J'ai vraiment faim. D'habitude c'est à peu près à cette heure-ci que l'on peut enfin aller déjeuner, quand les chefs sont revenus de leur pause. Là, impossible, le chef n'y est pas encore allé, il virevolte dans tous les sens, va de box en box, répond sans cesse au téléphone. Vite, il a raccroché, je fonds sur lui pour lui poser des questions sur mon dernier patient.

15h58. Ma tartine de brioche de ce matin est loin, bien loin... Mon co-interne me demande pourquoi je ne vais pas chercher quelque chose à manger. - "Ben, on ne va pas aller déjeuner ensemble?" - "Non, moi je fais le Ramadan, mais toi, vas-y!". - "Ah..." - "Vite, crie une infirmière à ce moment, vite, un médecin au box 2, le patient va pas bien là!" Je n'ai pas d'autre dossier en cours, je cours donc au box 2.

16h26. Le patient du box 2 n'allait vraiment pas bien. Il a été perfusé, rempli, mais sa tension est toujours à 6. Il monte en réanimation, c'est fini pour nous. Vite, imprimer son compte-rendu, son dossier complet doit monter avec lui.

17h09. Le logiciel des résultats de biologie me plante une énième fois dans les mains. Je redémarre. Ah tiens, je tremblote des mains. Vite, je me lève... Trop vite : voile noir. J'attends que ça passe, et je cours à la cafétéria chercher quelque chose à becqueter avant de finir en malaise vagal. Pas le temps d'aller déjeuner à l'internat.

17h11. - "Il n'y a plus de sandwich?" - "Non madame, désolé! Mais c'est plutôt l'heure du goûter, non?" Le serveur n'a pas tort. J'hésite entre le cookie tout chocolat et un muffin aux myrtilles. Vite, payer, "Oui oui, à emporter!" Je ne veux pas prendre le risque qu'on me surprenne tranquillement attablée alors que c'est la folie au bout du bâtiment.

17h16. Je me réinstalle à l'ordinateur et savoure mon cookie tout en tapant mon observation d'une seule main. Mon chef me lance : "Si ça peut te rassurer, moi aussi, je n'ai pas déjeuné!" Je rougis, comme prise en faute. Je crois que non, ça ne me rassure pas particulièrement. Je bredouille pour me justifier que j'avais trop besoin de sucre. Je lui propose un morceau de cookie. "Non merci, je n'ai même plus faim, tu sais..." Vite, ramasser les miettes tombées entre les touches du clavier.

17h50. Les gens affluent encore aux urgences, l'écran clignote de vignettes de patients, ceux-ci sont installés un peu partout, des brancards dans tous les box, dans les couloirs, dans le moindre recoin. Mais je jubile en regardant l'heure : dans 10 minutes, l'équipe de nuit arrive, et je serai enfin libre. "Vite, me demande mon chef, tu peux aller voir ce patient qui vient d'être installé au box 3?"

18h10. L'équipe de garde est arrivée, j'attends mon tour pour leur faire des transmissions sur le patient du box 3. Mon chef, lui, a fini les siennes. Vite, il part se changer. Chanceux.

18h33. J'ai quitté ma blouse, je referme la porte du vestiaire, je traverse le hall de l'hôpital, et je sors enfin. Je vais pouvoir retrouver ma famille. Vite, vite, vite, vite!

 

 

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Le lapin blanc - Alice au Pays des Merveilles 

 

 

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12 mars 2014

Moritz und Anneliese

Il a 88 ans.

Elle a 87 ans.

 

Il a les cheveux blancs et le crâne chauve, et des lunettes aux verres aussi épais que leur monture d'acier est fine.

Elle a les cheveux blancs et la bouche édentée, et a perdu ses lunettes depuis longtemps déjà.

 

Il porte une veste de flanelle grise et une chemise bleue un peu délavée.

Elle porte une blouse d'hôpital aux motifs bleus, tout aussi délavée.

 

Il est très grand, à peine voûté, et je dois lever la tête pour qu'il croise mon regard.

Elle est très grande, recroquevillée dans son lit, et je dois me pencher sur son lit pour croiser son regard.

 

Il marche encore très bien, n'a pas besoin de canne, et prend chaque jour sa voiture pour sortir de chez lui.

Elle ne marche plus du tout, est grabataire depuis longtemps, et n'est plus sortie à l'extérieur depuis des années.

 

Il a toute sa tête, réfléchit beaucoup, et me demande les informations médicales les plus précises possibles.

Elle est démente, dort beaucoup, et ne demande jamais rien.

 

Il vient la voir chaque après-midi, et lui parle en allemand, leur langue natale à tous deux.

Elle somnole chaque après-midi, et crie parfois en allemand, elle a oublié son français.

 

Il se penche vers elle en lui souriant, et la regarde droit dans les yeux dès qu'elle les ouvre.

Elle tend son cou vers lui en grimaçant de douleur, et ne le reconnaît presque plus derrière son oeil brumeux.

 

Il lui caresse la joue, tout doucement.

Elle crispe sa main sur la sienne, brusquement.

 

Il s'inquiète beaucoup pour elle.

Elle m'inquiète beaucoup.

 

Elle a un infarctus que je ne peux plus soigner.

Il a un coeur brisé que je ne sais pas soigner.

 

Il est amoureux.

 

"Jusqu'à ce que la mort..."

"Bis dass der Tod..."

 

Ils se l'étaient promis.

 

 

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28 février 2014

Qui pourra réparer Madame Cabossée?

Il était une fois une histoire triste.

Il était une fois une petite fille, née dans un lointain pays d'Afrique, il y a une trentaine d'années. Son papa n'était ni un grand roi, ni un homme bon, encore moins un homme riche, et il quitta la maman de la petite fille bien avant que celle-ci vienne au monde.

Sa maman mourut peu de temps après, et la petite fille fut confiée à une famille d'accueil, sans ressources, qui l'éleva du mieux qu'elle put.

Après une enfance misérable, la petite fille devint une jolie jeune femme, et parvint un beau jour, tant bien que mal, à quitter l'Afrique pour tenter sa chance en France. 

S'ensuivit malheureusement pour la jeune femme une succession d'échecs, de mauvaises fréquentations, qui l'entraînèrent dans un tourbillon de misère plus grand encore que ce qu'elle avait déjà connu. La rue, le trottoir et ses macs, la drogue et ses dealers violents, la dépression et l'alcool.

Alors qu'elle était perdue dans une abîme de violence et d'auto-destruction, Madame Cabossée fut recueillie in extremis par les bénévoles d'une association.

Elle réussit, à force de courage et de détermination, à sortir de la rue, se réinsérer dans la société, reprendre une formation professionnelle, trouver du travail, habiter une vraie maison. Elle était douée à son travail, et charmait son entourage par sa vivacité d'esprit. Elle finit même par rencontrer l'homme de sa vie, qui lui donna une merveilleuse petite fille.

"Ils se marièrent, eurent beaucoup d'enfants et vécurent heureux"? : l'histoire aurait pu s'arrêter là. 

Seulement, il n'était pas dit que Madame Cabossée allait définitivement avoir droit à sa part de bonheur.

Un soir d'hiver, rattrapée par d'anciens démons, elle prit de l'alcool, beaucoup d'alcool, et peut-être aussi une ou deux autres petites substances.

Ce soir-là, son coeur s'arrêta net. Pas longtemps, quelques minutes à peine. Le temps que le SAMU, appelé par son mari, arrive et la réanime. Le coeur était reparti, Madame Cabossée fut sauvée.

Mais ces quelques toutes petites minutes avaient suffi pour créer d'irréversibles lésions dans son cerveau, dont on ne put se rendre compte que quelques semaines plus tard, lorsque Madame Cabossée fut enfin extubée et réveillée.

À son réveil, elle n'était plus cette souriante jeune femme à la peau d'ébène, à l'oeil pétillant de malice et à la conversation pleine d'esprit. Elle ne savait plus où elle était, qui elle était. Agitée, désorientée, elle hurlait dans son dialecte natal, appelait sa mère, croyait voir s'approcher d'elle ses anciens bourreaux de la rue, et tombait de son lit en tentant de leur échapper.

Petit-à-petit, elle finit par reprendre un peu ses esprits, devint un peu plus cohérente, accessible au dialogue. Elle put sortir de son lit, se remit à marcher. Mais le mal était fait, et même à force de progrès, elle ne redevint jamais tout-à-fait comme avant.

Déambulant dans les couloirs du service de l'hôpital où elle s'était réveillée, son comportement restait instable, oscillant entre des périodes où les souvenirs revenaient, bien rangés dans son esprit, et des moments de brouillard épais où tout se confondait, et qui pouvaient alors la mettre dans des états d'agitation incontrôlables.

Elle était devenue une âme perdue dans un corps abîmé par la vie, flottant dans un pyjama de papier trop grand pour elle.

Mais surtout, désormais incapable de s'occuper de manière autonome d'elle-même, ni de ses proches, il n'était pas possible qu'elle rentre chez elle ainsi.

Cependant, son mari ne pouvait pas s'arrêter de travailler pour se consacrer pleinement à elle; et sa nature indépendante lui faisait refuser toute proposition d'aide humaine à domicile.

Elle était bien trop jeune pour prétendre à une place en établissement pour personnes âgées dépendantes. Pouvant marcher et s'échapper à tout moment, elle était également trop difficile à gérer pour un centre de rééducation neurologique classique.

Quant aux foyers pour personnes adultes handicapées, la plupart ne la trouvaient pas assez "lourde" pour lui donner une place prioritaire, et les délais d'attente s'annonçaient longs : Un an, voire plusieurs années...

Quelle solution pour cette jeune femme? Allait-elle rester à errer des mois durant dans ce couloir d'hôpital?

Qui allait bien pouvoir réparer Mme Cabossée?

 

 

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23 septembre 2013

Voilà où en est la médecine générale aujourd'hui

http://www.clubdesmedecinsblogueurs.com/PrivesDeMG/

#PrivesDeMG

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19 septembre 2013

Je veux (toujours!) être généraliste

Il y a onze ans (Oh là là, déjà...?), j'entrais en classe de troisième. À l'époque, je commençais tout juste à me dire que je me verrais bien médecin. Au début de l'année, on nous avait fait visiter la salle avec les petits prospectus sur tous les métiers possibles, et on avait rencontré la dame-avec-qui-tu-peux-discuter-de-ton-avenir.

Ce qui l'arrangeait, la dame, c'est quand on avait déjà une petite idée de ce que qu'on voulait faire plus tard, c'était plus simple. Du coup, quand je lui ai dit que je me posais des questions sur la médecine, la dame-avec-qui-tu-peux-discuter-de-ton-avenir m'a montré, toute contente, le coin de la salle où se trouvaient les prospectus sur les études de santé, et j'ai appris qu'en gros, il fallait aller à la fac, et que c'était de longues études.

 

Il y a neuf ans, j'étais en première S. J'avais toujours envie d'être médecin, et j'avais donc choisi de faire "S", parce qu'on m'avait expliqué que c'était indispensable pour réussir le concours. Ah oui, parce que c'est à ce moment que j'ai appris qu'il y avait un concours très dur à la fin de la première année. Et que celui-ci était différent dans chaque fac, avec un peu plus de ceci, ou un peu moins de cela. Je me suis donc penchée sur les différents programmes afin de choisir également mon option pour le bac.

J'avais alors pour seule vision de la médecine celle que j'avais expérimentée par moi-même : je connaissais donc, depuis toute petite, une pédiatre pour le suivi, les vaccins et les petites maladies de l'enfance, un dermato pour mes - très nombreux - molluscums et verrues , une ophtalmo pour mes lunettes. Ce n'est qu'en fait assez tard, vers la fin du lycée, que j'ai fait la connaissance de mon généraliste.

 

Il y a sept ans, j'ai passé mon concours de P1. J'avais dans l'idée de devenir, ne connaissant aucune autre spécialité, soit généraliste, soit pédiatre, soit dermato, soit ophtalmo. Pour cela, j'ai bossé pendant un an comme une folle sur des matières plus ou moins intéressantes, et plus ou moins éloignées de la pratique médicale.

Un peu plus tard, en début de P2, j'ai appris qu'il y avait un autre concours à passer pour devenir médecin, celui des ECN. Curieusement, les gentilles dames-avec-qui-tu-peux-discuter-de-ton-avenir ne m'en avaient jamais parlé, de celui-là. Mais peut-être que c'est tant mieux, finalement. Aurais-je eu le courage d'entreprendre ces études, si ça avait été le cas? Enfin de toute façon, j'étais lancée... Donc j'ai continué.

 

Il y a cinq ans, j'ai commencé mon externat. Au fil des stages que j'ai expérimentés et appréciés, j'ai me suis tour-à-tour imaginée cardiologue, gynécologue, pédiatre... Et j'ai aussi découvert ce qui ne me plaisait pas en médecine, notamment la chirurgie (voir ici). Cependant, il me restait toujours, dans un coin de ma tête, l'image de mon gentil généraliste, que j'étais allée voir plusieurs fois comme patiente, et dont le métier me semblait de plus en plus intéressant. Malheureusement, la fac ne nous proposait pas de stage chez un généraliste avant la dernière année d'externat. Il me fallait donc encore patienter.

C'est à cette époque, en stage à l'hôpital comme à la fac, que j'ai entendu le plus de discours orientés anti-médecine générale, tels que d'autres chouettes médecins le relatent mieux que moi ici, ou bien encore . Pourtant, mon expérience en tant que patiente de mon MG me donnait l'impression d'une spécialité bien plus riche en relationnel, en pathologies diverses, en situations de soins variées, que toutes celles qu'on nous enseignait à la fac.

 

Il y a deux ans, je suis entré en D4, la dernière année d'externat. Je suis enfin passée de l'autre côté du bureau d'un généraliste, pendant 3 mois, puisque j'ai eu la chance de pouvoir faire un stage chez le praticien. Ma fac n'avait pas créé assez de places pour que toute la promo puisse y aller, malgré le caractère officiellement obligatoire de ce stage. Mais ça ne posait pas trop de problèmes, puisqu'après plusieurs années de dénigrement ostensible des MG de la part de nos profs, c'était bien normal que la plupart de mes petits camarades de promo ne se bouscule pas au portillon pour tenter l'expérience... J'ai enfin eu la confirmation que j'attendais tant, celle que c'était bien ce métier qui me plaisait le plus, parmi tous ceux que j'avais découverts en six ans. J'ai donc travaillé toute l'année mon concours en pensant bien choisir la médecine générale. 

Cependant, lassée d'entendre les profs, les médecins, les tata Simone et les monsieur-tout-le-monde faire la moue quand je leur expliquais ce que je voulais faire plus tard, j'évitais de plus en plus de répondre la vérité lorsqu'on me posait la question. Et oui, je l'avoue, je me suis mise petit-à-petit à évoquer plutôt des spécialités "plus prestigieuses".

 

Il y a un an, j'ai passé l'ECN et j'ai du choisir - enfin - la spécialité que je désirais exercer pour le reste de ma vie. J'ai passé mentalement en revue toutes les spécialités qui m'avaient déjà tenté, j'ai réfléchi une dernière fois, puis j'ai fini par cocher la case "médecine générale".

C'était parti.

Et pour le moment, je ne regrette pas du tout.

Pour le moment.

 

 

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Retrouvez d'autres témoignages et réflexions sur l'avenir de la médecine générale sur Twitter en suivant le hashtag #PrivesDeMG

 

 

 

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20 juillet 2013

9ème mois, mon amour

Quand dans les dernières semaines tu as déjà rêvé plus de 24 fois que tu accouchais, et que chaque matin, tu te réveilles déçue...

Quand tu bénis l'inventeur du fameux coussin de grossesse en forme de grosse banane souple, SO GLAM, mais qui as sauvé tes dernières nuits...

Quand par la force des choses, tu révises des items de l'ECN que tu n'avais jamais eu l'occasion de tester sur toi-même auparavant : Reflux gastro-oesophagien, hémorroïdes, constipation, varices pelviennes, incontinence urinaire, insuffisance veineuse, troubles du sommeil...

Quand passer du décubitus dorsal à la position "debout sur tes deux pieds" requiert une stratégie fine en 5 étapes avec nécessité d'échauffements préalables...

Quand tu te retrouves avec le bout du ventre tout mouillé et plein de mousse après chaque vaisselle...

Quand ton ventre appuie tout seul sur les boutons de la plaque de cuisson...

Quand la chambre du bébé est déjà tellement prête depuis 2 mois, avec meubles et matos de compèt, que tu as hâte de commencer à jouer avec...

Quand tu te mets, inquiète, à compter chaque matin le nombre de jolies traces rougeâtres qui ornent tes hanches/cuisses/flancs/seins/fesses (cocher la réponse adaptée)... Et que tu en découvres avec horreur presque une nouvelle par jour...

Quand ton bébé bouge tellement sous ta peau que tu as l'impression qu'il cherche désespérément une sortie de secours malheureusement inexistante : en haut sous le foie, ou bien par les côtes, ou encore par le nombril?

Quand après avoir fait la navette lit/manger/canapé/manger/lit toute la journée, tu te sens aussi épuisée qu'après une journée de boulot...

Quand tu te rappelles tes cours de pédiatrie avec ce terrible chapitre sur les conséquences de la prématurité... Mais que tu te surprends tout de même à souhaiter très fort que le tien sorte une chtouille plus tôt que prévu...

Quand tu supportes de moins en moins l'idée que les autres puissent se goinfrer de carpaccios, sushis, tartares, saumon fumé, jambon cru.... ET PAS TOI!

Quand tu as déjà prévu le menu du retour à la maison, (principalement composé des aliments sus-cités) et que le millésime qui accompagnera le repas est déjà choisi également...

Quand tu te surprends à guetter, pleine d'espoir, la moindre petite douleur abdominale, en souhaitant très fort qu'elle devienne vite insupportable...

 

... C'est qu'il est largement temps... Non?

 

 

 

 

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17 juillet 2013

L'Attente

Attendre que le Doliprane se dissolve dans le verre d'eau.

Attendre qu'il fasse effet.

Attendre chez elle, avec ce mal de tête qui ne passe pas.

Attendre aux urgences, avec ce mal de tête encore plus fort.

Attendre le médecin, qui va venir l'examiner.

Attendre de passer le Scanner, "il n'est pas normal ce mal de tête".

Attendre les résultats du Scanner. 

Attendre que le médecin revienne, l'air embêté. "Il y a quelque chose".

Attendre, aux urgences, d'avoir la place en hospitalisation.

Attendre d'être brancardée, enfin, dans le service.

Attendre l'infirmière, pour les constantes et l'interrogatoire d'entrée.

Attendre l'interne, qui va lui réexpliquer ce qu'il se passe.

Attendre la perfusion d'antalgiques. Ça va peut-être enfin la soulager un peu.

Attendre une nuit, de voir comment ça évolue. 

Attendre l'IRM, "on a besoin de voir d'un peu plus près".

Attendre les résultats de l'IRM.

Attendre que les médecins aient décidé quoi faire, et viennent lui expliquer.

Attendre l'anesthésiste, "il va falloir biopsier, on va vous opérer".

Attendre la biopsie.

Attendre de descendre au bloc.

Attendre d'être endormie.

Attendre qu'elle se réveille en salle de réveil.

Attendre qu'elle remonte dans le service.

Attendre l'interne que l'infirmière a prévenu "Elle n'est plus bien réveillée, là, c'est normal?".

Attendre un nouveau scanner.

Attendre les résultats du nouveau scanner.

Attendre l'avis du neurochirurgien. "On la reprend en urgence".

Attendre de descendre au bloc, une nouvelle fois.

Attendre d'être endormie.

Attendre qu'elle se réveille en salle de réveil.

Attendre qu'elle remonte dans un autre service, un peu plus costaud.

Attendre, en toile de fond, les résultats de la biopsie.

Attendre que les médecins se réunissent, et décident quel traitement commencer.

Attendre de l'entendre parler à nouveau, manger, sourire.

Attendre les progrès, un peu chaque jour, au long de la semaine.

Attendre de savoir pourquoi elle ne se réveille pas bien du tout, ce matin-là.

Attendre les réa, l'intubation, les amines.

Attendre un nouveau scanner, "juste pour comprendre".

Attendre les résultats du scanner. "Avec une masse comme celle-ci, c'était le risque".

Attendre de faire la route, pour venir la voir, une dernière fois.

Attendre que toute la famille soit arrivée.

Attendre que chacun l'ait embrassée.

Attendre, dehors, que les amines soient arrêtées, et qu'elle soit extubée.

Attendre qu'on nous rappelle. "C'est fini".

Attendre de repasser la voir, endormie, sans tube dans la bouche, cette fois.

Attendre les procédures administratives.

Attendre la mise en bière.

Attendre le corbillard.

Attendre la messe.

Attendre l'inhumation.

Attendre que les fleurs fanent sur sa tombe.

Attendre.

Attendre de la retrouver. Un jour.

 

 

 

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21 mai 2013

Le Début et la Fin (la Fin)

Suite de l'article précédent : "Le Début et la Fin (Le Début)"

 

Madame Bellevie était en train de mourir devant moi.

Je scrutais cette femme, à la recherche du moindre petit mouvement, d'un petit soubresaut de vie, qui aurait pu me faire dire "Ah non, pas encore".

D'ailleurs, qu'est-ce que j'étais censée faire, pour constater le décès? Je ne l'avais jamais fait.

Je me voyais mal, devant sa famille, sortir mon stétho pour ausculter la patiente ("Euuh... Bruits du coeur réguliers sans souffle, j'ai bon?"), ni lui calculer son Glasgow ("Madâââme! Serrez-moi la main si vous m'entendez!"), ni chercher tous les réflexes du tronc cérébral ("Tiens, et si j'appuyais sur les yeux de votre mère, pour voir?"). 

Et puis quand bien même j'aurais été à un moment certaine du décès, que devais-je dire? Prononcer officiellement l'heure du décès tout fort, d'un air assuré, comme dans Grey's Anatomy? Je n'avais pas spécialement envie de rompre aussi durement le silence.

Je me suis aussi souvenue de ce qu'on nous avait fait apprendre par coeur pour affirmer la mort cérébrale : Tracé plat et aréactif sur deux EEG de trente minutes réalisés à quatre heure d'intervalle, ou absence de flux sur une artériographie cérébrale... Mais bien sûr. Parfaitement inadapté dans ce contexte.

Je me sentais une nouvelle fois complètement cruche, moi et mes 345 items de l'ECN soigneusement rangés dans ma tête, même pas capable de retrouver l'attitude pratique à adopter face à une gentille mamie en train de décéder.

Alors, tout doucement, je me suis approchée, j'ai pris sa main dans la mienne, j'ai murmuré "Mme Bellevie..." et j'ai tenté de prendre son pouls carotidien. Il était faible, mais encore là.

Un nouveau couple de quarantenaires est entré dans la chambre, il y a eu des salutations, quelques embrassades, et j'ai profité de ce mouvement pour m'éclipser discrètement, en les laissant tous ensemble.

 

 

Une quinzaine de minutes plus tard, la cadre est passée me chercher "Je crois que ça y est."

Retour dans la petite chambre exiguë.

 

 

Madame Bellevie, toujours allongée, avait désormais les yeux fermés. 

À nouveau, j'ai posé mes doigts sur son cou, et cette fois, je n'ai rien senti. J'ai soulevé ses paupières, une à une : mydriase bilatérale, aréactive. 

J'ai regardé la cadre, en hochant la tête. 

Le vieux monsieur à moustaches l'a regardée à son tour, et lui a demandé : "C'est fini, ça y est?". Elle a acquiescé, puis a proposé de les laisser un peu seuls autour de Mme Bellevie, après les avoir assuré de notre entière disponibilité pour une question, un besoin de parler, ou un café.

Nous sommes sorties, et je l'ai accompagnée dans son bureau pour récupérer la liasse de documents à remplir. Certificat de décès en deux feuillets, bordereau vert pour la mise en bière, bon blanc pour les admissions, feuillet jaune pour le transport... J'avais encore du pain sur la planche.

 

 

Après l'intensité des instants précédents, j'étais désormais confrontée à la froideur administrative des formulaires de l'hôpital. 

Je me suis installée au calme dans le bureau et, afin de pouvoir consciencieusement remplir les petites cases, j'ai ouvert le dossier pour retracer l'histoire précise du décès de Mme Bellevie. Antécédents, histoire de la maladie, mode de vie... La vie de Mme Bellevie passée par le prisme médical a défilé devant mes yeux au fil des pages.

Peu à peu, mes pensées ont divagué, mon stylo s'est progressivement détaché du certificat, et les points d'interrogations se sont alignés dans ma tête.

Qui étais-je, au fond, pour avoir eu l'autorité de décider que Mme Bellevie, d'un instant à l'autre, était officiellement passée de vie à trépas? Je n'avais jamais fait ça auparavant, et là, c'est moi qui l'avais déclaré, qui avait soudain rendu la mort de cette femme "réelle et constante". Personne ne pouvait me contredire, c'était moi le médecin qu'on était venu chercher pour authentifier le déècs. 

Et si je m'étais trompée? Et si elle n'était pas tout-à-fait morte? Après tout, un pouls filant peut si vite être pris pour une absence de pouls... La tête de la famille, si Mme Bellevie avait esquissé un nouveau mouvement après mon départ! Est-ce qu'on peut faire des procès, pour "constat-de-décès-un-peu-trop-en-avance"? Ils se souviendraient de moi, là, c'est sûr... 

Mais en fait, ils se souviendraient de moi de toute façon, non? J'allais rester à jamais à leurs yeux la petite docteur qui s'était plantée là, les bras ballants, puis leur avait signifié, à 13h57, la mort de leur épouse/mère/grand-mère...

Quoique, est-ce qu'on s'en souvient vraiment, de ce médecin-là? Est-ce que, à la fin de ce jour si triste, après toutes ces heures passées dans la petite chambre, autour de ce corps qui perdait la vie, au travers de leurs yeux embués de larmes, ils pourraient encore se souvenir de mon visage? Probablement pas. Quelle importance avais-je pour eux, moi, pauvre petit élément du décor de l'hôpital dans lequel s'était éteinte leur maman? Quel orgueil, en fait, d'avoir pensé un instant que j'aurais pu les marquer. 

Et le vieux monsieur, désormais veuf, allait-il se retrouver dès ce soir tout seul dans son pavillon de banlieue, face à un unique bol de soupe, lui qui partageait la vie de Mme Bellevie depuis tant d'années? Comment fait-on, à quatre-vingt ans, quand on perd celle qui accompagnait chacun de nos jours? Supporterait-il longtemps sa solitude? Allait-il être bien entouré par ses enfants? Serait-il bientôt pressé de partir rejoindre son épouse?

Mme Bellevie n'allait plus très bien depuis un bout de temps, c'était écrit dans le dossier. Mais s'était-elle préparée à partir? Et son mari, et ses enfants, avaient-ils eu le temps de voir venir la fin? Avaient-ils pu lui dire tout ce qu'ils voulaient avant son départ? Avaient-ils pu s'expliquer, revenir sur des brouilles latentes, pardonner? Étaient-ils restés sur des non-dits, avaient-ils des regrets?

Au fond, on meurt tous un jour, mais alors, pourquoi est-ce si difficile de voir partir quelqu'un qu'on aime? Et est-ce qu'on peut vraiment être prêt, soi-même, à mourir?

Est-ce que...

Est-ce que...

Est-ce que...

 

 

Et c'est là, à cet instant précis, au milieu de mes sombres pensées, que je l'ai soudain senti. Tout au fond de moi.

Niché au creux de mes entrailles, bien au chaud, il a bougé. Plus que bougé, même. Je l'ai senti sursauter, tressaillir, bondir, plein de vie.

Mon bébé.

Ma toute petite vie blottie en moi.

 

 

 

La Vie, ça finit, mais surtout... Surtout...

... Ça commence.

 

 

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